dossier_débats Qui sommes-nous ?


Le collectif « Pratiques en santé mentale communautaire » est composé d’une quinzaine de professionnels du secteur social et de la santé mentale travaillant dans les quartiers populaires de Bruxelles. Il est né à partir d’un projet de santé mentale communautaire développé par le service de santé mentale Le Méridien. Nous travaillons en association avec la boutique de produits ARIIX.

L'équipe du Collectif de santé mentale

Découvrez ci-dessous les membres du collectif et les différentes communes où ils ont monté des projets dans le cadre de la santé mentale.

Nazira El Maoufik


Localisation des groupes

(Anne Robert) Projet Alizées, 
rue Haute, 345 - 1000 Bruxelles

(Fatima Kaddur) Hôpital César De Paepe : rue des Alexiens, 11  -  1000 Bruxelles (Solange Cartuyvels) Entraide des marolles : rue des Tanneurs, 169  -  1000 Bruxelles (Yousrah  Akleh) Psycho-Etterbeek : avenue A. Gautier, 106  -  1040 Bruxelles (Catherine Crabbé)  Antenne scolaire d’Anderlecht : rue de Fiennes, 71  - 1070 Bruxelles (Fanny Gashugi) Institut de la vie, rue Van Lint, 18  -  1070 Bruxelles (Fabian De Brier) Athénée royal Serge Creuz, av. du Sippelberg, 2 - 1080 Bruxelles (Paulina Romero)  Planning familial du Karreveld, : rue Jules Delhaize, 20  -  1080 Bruxelles ( Sosthène Rukundo) Convivial  : rue du Charroi, 33-35  -  1190 Forest (Nazira El Maoufik)  Forest Quartier Santé : Bd de la Deuxième Armée britannique, 39  -  1190 Forest (Namur Corral, Nathalie Thomas, Andrea Rodriguez et Anne Lamy)  Le Méridien : rue du Méridien, 68  -  1210 Bruxelles (Zohra Otmani)  Le Foyer Poste : rue de la Poste, 49  -  1210 Bruxelles (Béatrice Muratore)  La Voix des femmes : 18, rue de l’Alliance  -  1210 Bruxelles (Oumnya Sahly) Institut de la vie, rue Van Lint, 18  -  1070 Bruxelles


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Yousrah Akleh

Assistante Sociale, je suis formée à la psychothérapie familiale et systémique1.

Tout a commencé en janvier 2004 où j'ai eu l'opportunité de participer à la formation "Santé Mentale Communautaire" avec le Dr Jean-Claude Métraux (médecin psychiatre qui exerce à Lausanne en Suisse). Cette formation a été l’occasion de rencontrer d’autres professionnels de terrain eux aussi en quête de nouvelles pratiques et de nouveaux outils de travail.

Cette "rencontre formative" m’a permis d'intégrer, dans le courant du mois de septembre 2004, le Collectif pour une Pratique en Santé Mentale Communautaire2 . A cette époque je travaillais dans le quartier des Marolles avec une population majoritairement maghrébine. Ma collègue psychologue et moi-même réfléchissions à la mise en place d'un projet intitulé "Moudawana". Il avait pour objectif de favoriser l'information sur le Nouveau Code Marocain de la Famille auprès d'un public de femmes marocaines. Nathalie et Namur nous ont supervisées dans cette nouvelle aventure qui s'est terminée par la réalisation d'une brochure d'information par les participantes pour les femmes de leur quartier, de leur entourage, de leur famille,…

Depuis janvier 2005, j'exerce au sein du Service de Santé Mentale "Psycho-Etterbeek". Comme son nom l'indique, celui-ci est situé sur le territoire de la commune d'Etterbeek et a pour objectif de répondre aux missions des soins qui lui sont dévolues: l'accès aux soins de santé mentale pour des populations souvent précarisées sur le plan socio-économique et fragilisées sur le plan psychique. Les prises en charge s'inscrivent dans un travail d'équipe pluridisciplinaire qui oriente son travail clinique dans une perspective systémique globale: médicale, psychologique et sociale. Le centre développe par ailleurs un travail de réseau et de prévention.

Je suis actuellement en charge de la mise en place d'un « projet » qui s'adresse, de façon générale, à des hommes et plus particulièrement à des pères. Mon travail en santé mentale me met constamment en contact avec des souffrances psychiques pour lesquelles la seule réponse psychothérapeutique ne peut suffire. Ma clinique psychosociale m'a donc interpellée sur la nécessité de réfléchir à un autre type de dispositif de travail "communautaire" qui tienne à la fois compte de l’articulation entre la dimension individuelle et collective et de l'articulation entre les facteurs psychiques et sociaux de la santé mentale. Préalablement à la concrétisation de cet espace de "re-construction de l'identité masculine", une enquête de terrain portant sur les injustices sociales "subies" par les hommes a été menée. Les récits d’expérience ont mis en évidence plusieurs thèmes transversaux. Ils concernaient tant les trajectoires de vie que les conséquences de ces injustices sur le plan de la santé mentale. Enfin, suffisamment d’éléments permettaient de mesurer l'importance de "panser" un projet qui vise la Promotion de la Santé Mentale pour ce public masculin.

Le Collectif constitue dès lors pour moi un "référentiel théorico-pratique" important pour optimaliser ce travail de terrain. La finalité reste bien entendu la prévention des troubles psychiques via la promotion de la santé mentale.

Il m’est nécessaire de continuer à y participer afin de mieux appréhender le travail sur le terrain avec les habitants, dans leur contexte de vie. Quant aux échanges et aux réflexions interdisciplinaires, ils viennent alimenter et questionner le processus de Promotion de la Santé Mentale au travers de l’évolution de ce groupe de « pairs ».

[1] En janvier 2007, j'ai par ailleurs participé à un module de formation en "Santé Mentale en Contexte Social". Elle est donnée en partenariat avec le Service de Santé Mentale "Le Méridien" et l'Université Catholique de Louvain la Neuve.

[2] Mené par l’équipe Communautaire du Méridien représenté par Nathalie Thomas et Namur Corral.

(Yousrah Akleh) Psycho-Etterbeek : avenue A. Gautier, 106 - 1040 Bruxelles

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Solange Cartuyvels

Je suis Solange Cartuyvels et je travaille comme psychologue dans le service d’aide psychologique de l’asbl Entr’Aide des Marolles.

Nous travaillons avec la population précarisée du quartier, de tous âges et de toutes origines. L’asbl comprend un service médical, un service social, un service de soins et d’aide à domicile, un service d’aide psychologique ainsi qu’un service accueil-secrétariat. Nous offrons des consultations individuelles et familiales mais nous travaillons également sous forme de projets collectifs et communautaires (groupe Bien-Etre,…).

L’équipe du service d’aide psychologique est composée d’un psychiatre, d’une psychologue, d’une psychomotricienne, d’une logopède et d’un travailleur social. En plus des consultations, nous sommes impliqués dans plusieurs projets avec les habitants: projet Moudawana, projet psychomotricité parents-enfants, projet hommes, projet club de lecture, …

Avec d’autres membres de l’équipe, j’ai participé à la formation organisée par l’équipe de santé mentale communautaire du Méridien en 2004. Nous sommes restés en contact avec l’équipe du Méridien, qui a d’ailleurs supervisé notre projet Moudawana. Participer à des collectifs de réflexion sur la santé mentale communautaire nous permet de remettre notre travail en question pour avancer plus loin et progresser dans nos projets avec les habitants.

(Solange Cartuyvels) Entraide des marolles : rue des Tanneurs, 169  -  1000 Bruxelles


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Le Méridien : rue du Méridien, 68 - 1210 Bruxelles
Equipe : Namur Corral, Nathalie Thomas, Andrea Rodriguez et Anne Lamy


Namur Corral

Je suis psychologue. L’année 2002, j’ai intégré l’Equipe de Santé Mentale Communautaire du Centre de Santé Mentale le Méridien. Je suis arrivée au Centre en portant dans mon sac des années de travail en Education Populaire au Chili, pays d’où je suis originaire, et une expérience de travail thérapeutique et d’accueil avec des exilés latino-américains en Belgique dans les années 80. J’ai travaillé également et je le fais encore, dans le Centre de Formation au Développement (ITECO). Même si les domaines de travail de ces institutions  étaient différents, elles s’étaient toutes inspirées, d’une façon ou d’une autre, des enseignements de Paulo Freire, le philosophe brésilien qui a également influencé la Santé Mentale Communautaire.

Mon premier contact avec le Collectif pour une pratique en Santé Mentale Communautaire a eu lieu l’année 2000 à Rixensart, à l’occasion des journées de réflexion résidentielles que ce Collectif organise chaque année. J’avais été invitée pour leur faire part d’une systématisation réalisée en Amérique latine sur des actions d’éducation populaire dans le Cône Sud du continent. Je me suis bien plue et ça, pour moi, c’était un bon signe.

Mon intégration dans le groupe appelé à l’époque « PSMC » (Programme  de Santé Mentale Communautaire) était une espèce de comportement à risque : je devais remplacer deux personnes qui avaient aidé à créer les fondations des formations et du fonctionnement  du groupe et qui gardaient avec lui des liens très forts. Mais, sans nier totalement une espèce de malléabilité que m’a donnée mon expérience d’exil, je crois que mon insertion dans ce collectif a été surtout facilitée par ses propres caractéristiques. Vous trouverez ces caractéristiques dans l’espace de ce site, je dirai seulement que ce qui m’avait surpris positivement a été une autonomie de pensée, renforcée par quelque chose comme un espace où le pouvoir est considérablement partagé et la parole peut circuler librement. C'est un espace nourricier, où les doutes sur nos pratiques et nos conceptions du travail communautaire et collectif pouvaient être déposées. Cela me convenait parfaitement et je continue a me ressourcer de cet espace depuis six ans.

(Namur Corral) : Le Méridien : rue du Méridien, 68 - 1210 Bruxelles


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Nathalie Thomas

Je travaille comme psychologue dans l’équipe communautaire du service de santé mentale « Le Méridien », situé dans la commune de Saint-Josse, au centre de Bruxelles.

Avant de démarrer le travail communautaire au Méridien en 1994, j’avais eu l’opportunité de vivre trois ans au Nicaragua. Débarquer dans ce petit pays d’Amérique centrale fin des années quatre-vingts, avec en poche un diplôme de psychologue a été pour moi un bouleversement de pas mal de croyances et certitudes, tant sur le plan professionnel que sur le plan humain. Un  bouleversement tout d’abord dans la conception de la santé mentale : au lieu de considérer la santé mentale comme une responsabilité individuelle (comme c’est souvent le cas dans nos sociétés néo-libérales) ou comme une responsabilité des professionnels et spécialistes en la matière, le projet dans lequel je m’étais insérée privilégiait une conception participative et communautaire de la santé. Ce projet, initié par un psychiatre suisse, Jean-Claude Métraux, consistait à créer un réseau de professionnels et de promoteurs, sensibilisés et formés à l’attention primaire en santé mentale infantile, à travers tout le pays. La santé mentale étant l’affaire de tous, elle doit donc être prise en charge de manière collective. Cette conception passe par une modification, voire une rupture, du lien de pouvoir/savoir entre les « spécialistes » et le reste de la population. Il s’agit de rendre à celle-ci un rôle actif dans la gestion de sa santé et de sa vie.  .

Cette dimension « politique » du travail communautaire en santé mentale, c’est certainement au Nicaragua que je l’ai apprise. Cette interdépendance inéluctable des facteurs psychologiques, sociaux, économiques, culturels et politiques .

De retour en Belgique, en 1992, j’ai eu une autre opportunité : celle de démarrer un travail communautaire au sein d’un service de santé mentale bruxellois, Le Méridien. Comme beaucoup d’autres services ambulatoires de proximité, ce centre s’est toujours intéressé à connaître le tissu social dans lequel il s’insérait : les problématiques auxquelles la population était confrontée mais également les ressources et les réseaux d’entraide qui pouvaient exister pour faire face à ces difficultés. C’est donc dans cette optique qu’a été créée en 1994 l’équipe communautaire du Méridien et plus spécifiquement le projet « promotion de la santé mentale communautaire » (PSMC) qui visait, par un travail de proximité, à la fois personnel et groupal, à renforcer les solidarités dans les quartiers et les capacités d’autonomie des populations face aux problèmes de santé mentale.

Progressivement, le projet PSMC s’est transformé : au départ axé principalement sur la formation et la sensibilisation de professionnels pour l’animation de groupes d’habitants, il est devenu un collectif de professionnels intéressés par des pratiques et des valeurs similaires: autonomie, proximité, entraide, « empowerment », politique, action collective, etc. Progressivement aussi, le fonctionnement du groupe s’est modifié. Essentiellement porté et piloté par le Méridien à ses débuts, celui-ci fonctionne aujourd’hui en mode auto-gestionnaire : rencontres sous forme d’intervisions, autour d’une question liée au travail d’animation en santé mentale communautaire, question amenée à tour de rôle par un des membres du collectif, qui reçoit pour l’occasion le groupe au sein de son association ou de son institution.
Pour moi, ce collectif est donc le fruit d’un processus communautaire qui a mûri tout au long de ces années et il incarne assez bien l’ « esprit communautaire » qu’on essaie de promouvoir : une progressive appropriation par les membres d’un projet porté au départ par quelques-uns, avec ses critiques, ses changements et ses constantes, des valeurs partagées, des pratiques communes, un espace de paroles, de réflexions et d’actions collectives, un respect de la diversité et des compétences de chacun/e, …. Bref, une sorte de laboratoire où on peut se permettre d’expérimenter des pratiques nouvelles, de déconstruire des certitudes ou des concepts, de réfléchir collectivement, de dire son découragement ou ses doutes, … le tout dans une ambiance de plaisir partagé.

Durant ces 13 années, j’ai eu l’occasion de co-animer divers groupes d’habitants ; certains ont vécu un temps et sont aujourd’hui terminés, d’autres continuent de se réunir actuellement. Parmi ceux-ci : groupe « Exil au quotidien », avec des demandeurs d’asile résidant au Petit-Château, « Parents d’adolescents » avec un groupe de réfugiés de l’asbl Convivial,  Ateliers avec un groupe d’élèves de l’Institut de la Providence à Cureghem, atelier « habitants » avec un groupe de femmes de Saint-Josse, groupe de paroles au sein de l’asbl SIMA, avec des primo-arrivants, un groupe de femmes latino-américaines réunies autour du travail de « récit de vie » , etc.

( Nathalie Thomas ) Le Méridien : rue du Méridien, 68 - 1210 Bruxelles


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Andrea Rodriguez

Psychologue et pédagogue d'origine colombienne, je suis en train de faire un  diplôme d’études  spécialisées à l’Université Catholique de Louvain.  Mes études exigent de faire un stage. « Le  Méridien » m’a donné l’opportunité de le faire avec eux.

J’ai commencé mon travail  en octobre 2006.  Depuis lors, je participe aux  activités qu’organise  l’équipe communautaire du Méridien. Parmi celles-ci, le « collectif  de santé mentale communautaire», un groupe d’intervenants qui se rencontre mensuellement.  Cela m’a donné l’opportunité de connaître différents aspects dans le domaine de la  santé mentale communautaire.
 
Dans une ambiance de convivialité, on réfléchit  sur le concept de santé mentale communautaire, sur l’articulation entre les facteurs psychiques et sociaux, entre l’individuel et le collectif, entre le singulier et le communautaire.   On analyse aussi  nos expériences professionnelles, en cherchant des solutions aux difficultés de nos pratiques  quotidiennes.  

Avec l’aide des psychologues du Méridien, j’anime aussi un groupe des parents latino-américains qui réfléchit sur les processus de développement de leurs enfants et leurs familles.   C’est un  espace de réflexion  familiale créé par le Méridien  il y a  quelques années.  On cherche à offrir aux familles migrantes des éléments  pour répondre aux  exigences et aux changements de leur nouvelle condition de vie.

Les rencontres se réalisent un samedi par mois. Ce sont les parents eux-mêmes qui choisissent les thématiques à discuter, en partant de leurs propres expériences et préoccupations.  Ces thématiques sont liées avec l’éducation des enfants (discipline, autorité, sexualité, drogues, valeurs), la communication familiale, l’affectivité,  des crises et des conflits de couples, des relations de genre, etc.  

( Andrea Rodriguez) Le Méridien : rue du Méridien, 68 - 1210 Bruxelles


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Anne Lamy

Infirmière, j’ai été amenée à travailler dans plusieurs hôpitaux et dans des services de médecine préventive en Afrique puis en Belgique dans différents services hospitaliers : urgence, psychiatrie, soins palliatifs ou autres.  Depuis quelques années, j’avais envie de réorienter ma profession sur un travail « extra-hospitalier » comprenant une approche communautaire.  J’ai donc entrepris en septembre 2007 une spécialisation en santé communautaire à Bruxelles. 

C’est dans le cadre d’un stage pour cette formation que j’ai rencontré l’équipe communautaire du Méridien.  Depuis lors, j’ai eu le plaisir de pouvoir la rejoindre. 

Ma première implication a été de participer, avec d’autres associations du quartier, à des réunions regroupant les habitants d’un HBM dans le but  de créer des liens sociaux entre eux et de leur permettre de vivre dans une ambiance plus conviviale.  Ce travail enrichissant, effectué sur base de leur vécu doit permettre aux habitants de réfléchir ensemble aux solutions susceptibles d’améliorer leur lieu de vie.

D’autre part, j’ai également eu l’occasion de participer à des rencontres qui m’ont permis d’appréhender et de réfléchir plus en profondeur sur la problématique de la santé mentale communautaire.  Je n’en suis qu’aux prémisses de mon nouveau travail et il me reste un long chemin à parcourir afin de comprendre tous les enjeux de nos interventions……       

(Anne Lamy) : Le Méridien : rue du Méridien, 68 - 1210 Bruxelles


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Béatrice Muratore

Je travaille à « La Voix des Femmes » (asbl située  20- rue de l’Alliance à St Josse) en tant qu’assistante sociale depuis plus de 10 ans.


La « Voix des Femmes » est une association qui s’adresse aux femmes et aux jeunes filles. Des cours de français et d’alphabétisation  y sont donnés et des activitées socio-culturelles y sont organisées. Le but de l’association est l’autonomie et l’émancipation des femmes.
En 1999, j’ai suivi une formation organisée par « le Méridien » intitulée  « santé mentale et travail communautaire ». Je venais juste de commencer mon travail à la VDF et donc pour moi cette formation fut à la fois très longue car javais une certaine peur et très riche. Ayant  uniquement fait du travail social individuel, comment se lançer là-dedans ?.


Très vite, un partenariat avec  « le Foyer poste » s’est mis en place. Nous étions alors supervisées par un membre de l’équipe du Méridien. Lors d’une animation sur le deuil  ( sujet très délicat) Zohra et moi avons senti le besoin de nous faire aider par un psychologue. Celui-ci fut introduit dans notre groupe de femmes sans difficultés.
Depuis 10 ans, le groupe se réunit le premier mardi du mois .Il est composé d’un noyau d’anciennes et des nouvelles personnes qui arrivent en septembre.
Au cours des années nous avons pu constater que les femmes de ce groupe participent plus facilement aux activités extérieures, prennent plus facilement la parole et osent dire certaines choses. Au fil des ans, elles restent très attachées au groupe.


Ma position en tant qu’animatrice a changé même si depuis le début je me suis toujours sentie au sein de ce groupe autre chose qu’une animatrice. Aujourd’hui, c’est certain, je fais partie du groupe au même titre qu’elles.

(Béatrice Muratore) La Voix des femmes : 18, rue de l’alliance - 1210 Bruxelles


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Catherine Crabbé

Psychologue nomade, installée - sédentarisée ? - depuis quelques années à l’Antenne scolaire des Contrats de sécurité et de prévention d’Anderlecht. Ça ne fait pourtant pas tout de suite oasis comme endroit, je vous l’accorde…

Mais à y regarder de plus près… Pour situer les spécificités de ce cadre de travail, l’équipe reçoit les élèves habitant ou scolarisés sur la commune, et leur famille, qui rencontrent une problématique de décrochage scolaire ou en lien avec l’un ou l’autre facteur de décrochage : une école où on ne trouve pas sa place, une orientation pas assez mûrie, un échec scolaire récurrent souvent précoce, une exclusion, des difficultés relationnelles au sein de la classe, des conflits répétés avec un enseignant, une démotivation générale, un absentéisme qui s’incruste, un décrochage complet,…

Soit, on pousse la porte de l’Antenne scolaire parce qu’il y a « quelque chose qui va pas » à l’école. On en sort parfois vite parce qu’on a trouvé tout de suite l’information souhaitée ou que d’autres portes amènent plus directement à ce que l’on cherche, le cas échéant, le CPMS, une Ecole des Devoirs, le médiateur scolaire de l’école,… Parfois, on n’a aucune idée de ce que l’on cherche ou c’est tout simplement nous la bonne porte. Alors, on fait un bout de chemin ensemble.

C’est selon. Ce qui me plait dans ce lieu, c’est la façon dont je peux y être psychologue : dans et à partir du lien. Ma participation au Collectif de Santé Mentale Communautaire au Méridien depuis maintenant 5 ans a peaufiné cette tendance que l’intervention systémique avait dessinée. Un besoin de travailler dans l’horizontalité, dans le respect et à partir de là où chacun est, d’ouvrir à la rencontre entre personnes mettant en commun leurs ressources, un moment de don réciproque. Un lieu extérieur aux écoles dans lequel l’adolescent peut s’arrêter, regarder son parcours d’un peu plus loin, réaliser qu’il vaut la peine d’y réfléchir et peut-être retrouver le fil de sa scolarité, de sa vie parfois, ou en tisser d’autres. Cela se passe en individuel, gagnerait à se faire collectivement.

Ce sera pour le futur mais un collectif de travail pour médiateurs scolaires a d’ores et déjà été créé à l’Antenne Scolaire dans le même esprit, un espace de liberté en dehors de toute contrainte hiérarchique, légitimé par le simple désir de se rassembler pour échanger sur les pratiques, mettre à l’épreuve le métier et le faire bouger, le rêver pour en redessiner certains contours. Politique et psychologie sont intrinsèquement liés dans la cité, c’est du moins dans cette perspective qu’il me plait de travailler.

Encore quelques mots sur le Collectif de Santé Mentale Communautaire. De ce groupe initialement de formation a émergé peu à peu tout autre chose, bien au-delà de l’intervision professionnelle, des liens forts, de ces liens où tripes et cerveau ne font qu’un, qui n’ont pas besoin de s’entretenir, un « nous » particulier aussi, chaud, certain, mais qui n’efface pas, qui appuie même, les singularités de chacun. Un sentiment parfois d’être tous des Martiens échoués sur cette planète qui se reconnaissent sans cesse dans l’impuissance d’ ébranler ce monde, dans l’utopie que représentent leurs cartes du monde. Un lieu de résistance et de liberté dans lequel on peut rêver son métier et s’en inspirer…

(Catherine Crabbé) : Antenne scolaire d’Anderlecht  : rue de Fiennes, 71  - 1070 Bruxelles


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Fabian De Brier

Quelques mots à propos de moi et mon service.

On m’appelle Fabian De Brier (et c’est d’ailleurs aussi de cette façon que je me nomme le plus souvent moi-même), je suis un habitant de Bruxelles, ville équivoque où je suis né et que j’ai très peu quittée depuis 1963. Je suis engagé depuis 1993 dans un service de médiation scolaire de la Communauté Française. J’ai exercé auparavant les fonctions de psychologue dans un service de santé mentale hospitalier (SSM ULB à L’Institut Bordet) et de professeur de psychologie dans deux écoles (supérieure et secondaire). 

J’ai tenu, depuis 1993 donc,  deux espaces de médiation détachés dans deux lieux scolaires successifs : à l’Institut de la Providence (10 années) et, actuellement, depuis 4 ans à l’Athénée Royal Serge Creuz.

En Région bruxelloise, les services de médiation de la communauté française offrent une permanence d’accueil et de travail potentiel de médiation au sein des établissements secondaires qui en font la demande (une cinquantaine actuellement).

Le service est un espace tiers et transitionnel tenu  par un professionnel neutre et au service des personnes, c’est une forme de recours à un processus, différent et alternatif, nommé « la médiation »

Le service de médiation peut être contacté (par la direction, un enseignant, un éducateur, un élève, un parent, un service extérieur,…) pour tout différend touchant aux relations et aux situations scolaires : malentendus, réclamations, tensions, questions, conflits, impasses,…

Le travail de médiation, s’il est enclenché, est un processus accompagné par un tiers, indépendant, neutre et tenu à la règle de la confidentialité. C’est aussi et surtout un travail basé sur la « co-analyse » du problème et la « co-construction » des solutions avec les personnes partenaires du problème.

La sollicitation du service se fait en toute liberté. Chaque personne conserve à tout moment la possibilité d’accepter ou de se retirer du processus de médiation.

Quelques mots sur mon rapport au collectif SMC :

Depuis 1996, à l’occasion d’une formation proposée, j’ai découvert et apprécié l’équipe communautaire du Méridien : approche souple, plurielle et réflexive de la santé mentale dans la cité ; originalité de la démarche collective, à la fois avec les professionnels et les habitants au sens large, à qui était offert de participer à des groupes-ressources où la dynamique de travail tente de s’organiser autour de l’auto-gestion, la co-responsabilité et la co-construction de solutions créatives et collectives face à toutes sortes de problèmes vécus (humains, sociétaux, relationnels, …).

Depuis plus de dix ans maintenant je participe régulièrement aux rencontres de travail et séminaires du collectif SMC, ce qui me permet de maintenir une réflexion et des contacts interprofessionnels variés et incarnés avec des personnes s’intéressant de près aux questions relationnelles, communautaires, collectives, sociales et mentales dans la Cité.

Par ailleurs j’ai pu proposer  et mettre en place, dans le cadre de mon service de médiation, des « groupes- ressources » inspiré de cette dynamique avec des élèves et des professeurs (deux groupes, clôturés à présent, à l’Institut de la Providence). Ces groupes, une fois instaurés, ont permis l’ouverture d’un « espace transitionnel » permettant aux uns et aux autres de réfléchir et d’agir des questions communes (scolaire et « existentielle-identitaire » dans ces cas-ci). L’idée de dynamique de groupe orienté vers l’action commune, a pu permettre d’ouvrir à des dimensions nouvelles et inédites, notamment dans la relation professeur-élève et élèves-école-quartier.

En conclusion, suite à l’expérience de cette pratique originale, il me semble intéressant pour les partenaires scolaires (« habitants » au sens large et « métaphorique » d’une école) de susciter et constituer de tels groupes de travail, d’échanges et d’actions sur tous thèmes désirés, sur toutes les façons d’habiter le monde, la cité, l’école et d’y ouvrir des espaces porteurs de créativités. En tant que responsable d’un service de médiation en milieu scolaire, je peux accueillir et éventuellement accompagner cet intérêt.

(Fabian De Brier) Athénée royal Serge Creuz, 2, av. du Sippelberg, 1080 Bruxelles


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Nazira El Maoufik

Depuis avril 2002, je travaille chez Forest Quartiers Santé asbl qui est une association active dans le champ de la promotion de la santé, sur la commune de Forest.

C’est un projet qui existe depuis 1992 et qui est né de la rencontre entre des travailleurs sociaux et des intervenants médicaux. Ceux-ci se trouvent confrontés dans leur pratique à des problématiques qui dépassent les seules réponses médicales mais qui ont des répercussions importantes sur l’état de santé des populations : chômage, solitude, précarité en matière de logement, surendettement.

Plus précisément, nous tentons d’agir sur quelques facteurs qui déterminent la santé, la qualité de la vie à Forest tels que le logement, l’alimentation, la sécurité dans les milieux de vie,… Nous organisons nombre d’activités et de projets dans ces domaines, et faisons très régulièrement appel à d’autres associations ou institutions pour faire vivre ces projets, c’est le travail en réseau.

L’accent est mis sur l’action communautaire locale mais aussi l’ouverture à des partenaires intéressés par ces thématiques à Forest. La participation des habitants souvent induite par des professionnels et bénévoles de notre association, va devenir moteur de la dynamique des actions à FQS.

Mais, « comment fait-on de la santé mentale communautaire ? » C’est cette question qui me pousse, en février 2003 à rencontrer l’équipe communautaire du centre de santé mentale « le Méridien » (Namur, Nathalie, Paulina). Je ne parviens pas à traduire dans mon langage leur méthode de travail, elles m’invitent alors à participer à un groupe de formation…. Et depuis, une nouvelle question sous-tend ma participation au groupe : « les déterminants en santé mentale communautaire sont-ils toujours préservés dans ma pratique ?»

(Nazira El Maoufik) : Forest Quartier Santé : Bd de la deuxième armée britanique, 39
- 1190 Forest


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Fanny Gashugi

Je suis animatrice à l’Institut de la Vie (asbl) , une association qui en 1996, a ouvert un espace d’accueil « Parents-Enfants » à Cureghem (Anderlecht). C’est un quartier qui se distingue par une population élevée d’immigrés récents, à majorité maghrébine, très vite suivis des Turcs et plus récemment d’Africains sub-sahariens et d’Européens de l’Est.

L’Institut de la Vie est une association issue du monde académique et créée en 1960 par des professeurs aux noms aussi prestigieux que Jean Monod (Nobel). Elle a pour finalité de décloisonner les connaissances et les savoirs du milieu universitaire pour les rendre plus accessibles à monsieur et madame tout le monde. Cela dans une démarche pluridisciplinaire, ce qui constituait une avancée remarquable et même une révolution dans les pratiques pour l’époque. Pionnière dans les campagnes de prévention des accidents de la route et de lutte contre le tabac, ici en Belgique, l’Institut de la Vie mène aussi des projets dans les pays en développement tel que le projet d’Agriculture Urbaine aujourd’hui à Butembo (RDC) ou le projet de recyclage des déchets comme matière première en 1997 à Kigali (Rwanda).

C’est en 1996 que cette équipe multidisciplinaire de professeurs d’universités différentes approuve le lancement d’un projet socio-culturel à Cureghem. Ce quartier connaît le taux de chômage le plus élevé à Bruxelles, avec une très forte population d’immigrés . Il est donc logique de considérer que sa population aura moins accès à l’information que celle d’une commune plus riche.

La formule du lieu d’accueil « Parents-Enfants » est d’accueillir des enfants accompagnés d’un adulte responsable. Il ne s’agit pas d’une garderie ou d’une crèche mais d’un lieu où les enfants peuvent se socialiser et les adultes partager des expériences. Un espace dans le style des maisons vertes et une approche dans la perspective de Françoise Dolto. Les femmes ont adhéré très vite au projet et se sont appropriées l’endroit en moins d’un trimestre. Les hommes ne pouvaient pas y venir car c’est une population de tradition musulmane où les hommes et les femmes ont des rôles très distincts et étanches.

Nous sommes deux animatrices pour accueillir une douzaine de mamans en moyenne, une vingtaine quand elles sont toutes présentes. Elles viennent avec quelques enfants seulement car malgré tous nos efforts, nous n’avons pas encore pu trouver d’espace propice pour les tout petits. Elles se sont appropriées le lieu et c’est devenu pour elle un besoin : quand elles ne peuvent pas venir, elles s’excusent et s’expliquent… Elles disent que depuis qu’elles fréquentent l’endroit, elles n’ont plus besoin d’aller consulter leur psy… Tout cela pour expliquer que c’est un lieu de parole, de partage, où elles s’affirment, mettent des projets en route et participent à plein d’initiatives locales .

En parler c’est une manière d’aborder ma présentation, je suis ce qu’on appelle ici une « animatrice », je suis à l’écoute et ne fais que permettre qu’elles s’expriment et démarrent leurs projets. Un effort parfois gratifiant, parfois lourd mais toujours passionnant.

La formation ici au Méridien est venue à point nommé pour partager les expériences avec d’autres professionnels du même champ d’action car c’est vraiment nécessaire de faire quelques fois des haltes pour faire le point. J’adore l’approche car elle ressemble à ce que j’ai connu là où je suis née. Je précise que je suis Rwandaise et que j’apprécie particulièrement cette approche globale où le respect est la règle axiale, qui n’exclue pas le plaisir, qui respecte une autre manière de voir, de considérer les choses et la vie… Les concepts acquis en Amérique du Sud (Freire), un outil d’analyse tel que la grille de Bengoa, ces approches me sont familières et du coup, je me sens moins ailleurs, cela fait de ce groupe avec lequel je suis la formation depuis 6 ou 7 ans déjà … une famille. Car cette manière d’apprendre rejoint les pratiques de ce qu’on appelait jadis au Rwanda
« Itorero » , une sorte d’académie où la manière d’enseigner était aussi importante que les matières à enseigner. L’humain était privilégié et tout ce qui a rapport à la relation à l’autre couvrait toutes les disciplines.

( Fanny Gashugi) : Espace d'Accueil de l'Institut de la Vie
rue Van Lint, 18 - 1070 Anderlecht


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Fatima Kaddur

Médiatrice interculturelle je travaille à l’Hôpital Français et à la Clinique César de Paepe. Depuis le 1er septembre 2007, je travaille également au CHU Saint Pierre et à César de Paepe. J’ai ainsi eu trois contrats, parfois déterminés, parfois indéterminés. Avec la fusion des hôpitaux, je me trouve actuellement dans le service du scanning, dans les archives. Ce poste, je l’aime bien aussi, puisqu’il faut accepter les changements, mais, pour moi, le primordial c’est de continuer à faire la médiation bénévolement, avec les gens à l’extérieur de l’hôpital.

J’ai commencé à faire de l’interprétariat avec l’ISM. À l’époque, ce sigle signifiait Interprétariat Social et Médical. Maintenant on a conservé ce sigle ISM, mais il signifie Interprétariat Service de Médiation. En fait, au moment même de ce changement de nom, on ne s’est pas rendu compte que cela induisait la séparation du médical et du social. C’est triste, mais j’espère qu’avec le temps, on arrivera de nouveau à intégrer le médical dans le social.

Le premier service auquel j’ai été rattachée à l’hôpital a été la pédiatrie et le deuxième la maternité. J’étais chargée, dans ces lieux, de détecter certains problèmes chez les patients et de les relayer aux professionnels de l’hôpital (psychologues, médecins, assistants sociaux). Je suis arrivée à la formation en Santé Mentale Communautaire organisée par le Méridien à travers la coordinatrice de la médiation de l’ISM qui avait elle-même suivi cette formation. Au moment où elle m’a proposé de participer à la formation, la directrice du service de nursing m’avait demandé de lui transmettre des idées à propos des difficultés que présentaient les personnes hospitalisées. Il y avait beaucoup de cas de diabètes. En fait, les mamans diabétiques avaient beaucoup de problèmes pendant la grossesse et après la naissance des enfants. On a donc pensé qu’une action sur le diabète pourrait être pensée dans le cadre de la formation du Méridien. C’est ainsi que je suis arrivée. Et que j’ai essayé de comprendre « le fil invisible » de la formation PSMC. Ma collègue de l’ISM a dû partir et je suis restée toute seule. Je me sentais abandonnée, perdue aussi avec la fusion des hôpitaux et, en plus, je ne trouvais pas le fil conducteur de la formation, le fil invisible du PSMC. Pour moi, cela n’avait pas de sens. On m’avait jetée dans le désert en me disant « débrouille-toi » et je ne savais pas comment faire. Mais, avec de la persévérance, je suis arrivée à percer le sens et, au fil des années, j’ai acquis une expérience de travail en groupe et des savoirs qui m’ont permis de trouver dans ce fil invisible, le fil conducteur et de l’emmener vers l’hôpital. C’est de là qu’est né le projet concernant la relation mère-enfant que nous avons développé avec Le Méridien.

(Fatima Kaddur) Hôpital César De Paepe, Bruxelles : rue des Alexiens - 1000 Bruxelles


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Oumnya Salhy

J’ai 40 ans, je suis mariée , j’ai 2 enfants : un garçon (9 ans) et une fille (3 ans), je suis d’origine marocaine, habitant la Belgique depuis plus de 15 ans, mon mari et moi avons opté pour l’acquisition de la nationalité belge. Depuis 8 ans maintenant, je travaille au sein d’une association qui développe des projets dans le quartier dit « défavorisé » de Cureghem, à Anderlecht (Bruxelles) au sein d’un lieu d’ « Accueil Parents-Enfants ».

L’association « Institut de la Vie » existe depuis plus de 30 ans et ma collègue a eu l’occasion d’en faire la présentation (voir Fanny Gashugi). Cet endroit reçoit principalement des femmes car l’idée de mixité, initialement incluse dans le projet, a dû s’adapter au public du quartier de tradition musulmane qui est encore régi par le code de la séparation des genres comme dans l’Europe du 19e siècle.

Nous sommes 2 animatrices à poursuivre le programme du lieu d’accueil et disposons d’un encadrement expérimenté. Le fait d’être d’origine marocaine dans un milieu de tradition musulmane peut aider, pour faire des traductions notamment ou faire le lien entre la famille et les institutions (l’école, la commune), c’est un atout certain.

Ce que je trouve d’intéressant dans ce travail c’est que j’apprends tout le temps quelque chose : à travers les échanges avec le groupe de femmes qui fréquente le lieu d’accueil, les activités que nous menons en partenariat avec d’autres associations ou bien les écoles du quartier. Il y a aussi les réunions hebdomadaires de bureau avec nos administrateurs, qui sont des personnes « ressources » ayant une rigueur dans la méthode provenant de leur longue expérience de professeurs, que j’apprécie particulièrement. Il faut dire qu’à la base j’ai reçu une formation scientifique au Maroc (licence de biologie) et que le monde du « social » ne m’était pas familier.

Peu à peu j’en ai découvert la richesse et je n’en finis pas d’apprendre : - une formation à « l’Approche Françoise Dolto » été mise sur pied à Anderlecht (par « Les Pissenlits, asbl ») - une formation à l’animation interculturelle avec le CBAI. Cette formation (PSMC) avec le Méridien m’enrichit plus que je ne sais l’écrire car depuis le temps que j’y viens je ne fais qu’apprendre et je crois que ce que je sais aujourd’hui c’est que je vais continuer à apprendre car cette formation m’aide énormément et dans mon travail d’animatrice et même dans ma vie personnelle. De plus le groupe est super sympa et depuis le temps qu’on se connaît cela crée des liens. C’est difficile de se présenter sur papier ; il faut que j’ajoute que j’aime la vie !


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Zohra Othmani

Je travaille dans le service « Maison de la famille », à la commune de Saint-Josse-Ten-Noode, un service social, d’aide à domicile et de soin aux personnes âgées

Depuis 1989, je travaille au Foyer Poste, un lieu de vie, de rencontres, d’accueil, où on peut se poser et être écouté. C’est aussi un foyer restaurant social, c’est-à-dire un lieu où les personnes peuvent prendre un repas à un prix modique.

Ces repas sont proposés par la commune. Les gens viennent ainsi le midi, pour ne pas rester seuls. Depuis pas mal d’années maintenant, avec l’aide du GRAP (Groupe de Recherche Action Participation, fondé par Ita Gassel), j’ai essayé d’en faire progressivement un centre communautaire qui vise à favoriser les échanges entre les cultures afin de briser la peur de l’autre. Il faut dire qu’à cette époque, le sentiment d’insécurité était très fort chez les personnes âgées du quartier et celles-ci vivaient renfermées sur elles-mêmes. On a ainsi organisé des repas de toutes les cultures, des voyages avec des personnes âgées et des jeunes du quartier au Maroc, puis en Turquie, une série de micro-actions.

Le but était de mieux connaître l’autre en connaissant mieux sa culture. Le Foyer a ainsi évolué vers d’autres publics : les femmes, les mamans. Au début, il y avait beaucoup de peur entre ces différents groupes (jeunes, personnes âgées, femmes, …). Petit à petit, des liens se sont créés à travers des activités collectives intergénérationnelles (excursions, ateliers cuisine, repas conviviaux, aide scolaire des enfants, un souper pour le Ramadan ou Noël,…).

En 1997, un premier contact avec le projet communautaire du Méridien a eu lieu ; d’abord avec ma collègue, puis avec moi-même car ma collègue prenait sa pension. Dans ce projet, je retrouvais les idéaux du travail avec le GRAP, de convivialité entre les cultures. Je m’y suis donc investie personnellement et professionnellement car il visait les buts que je poursuivais moi aussi (lutter contre le racisme, les discriminations, etc.). Les formations étaient très intenses, on nous donnait beaucoup en peu de temps. A chaque formation, on sortait avec quelque chose, des choses qui, moi, m’ont touchée. Même si parfois c’était dur ! J’ai évolué personnellement avec ces formations.

Au départ, je ne voyais pas ce qu’était la santé mentale communautaire. Avec les formations, je le vivais et pouvais en faire profiter le foyer. Ca correspondait à ce que je voulais développer. Ce qui m’a mise en confiance, c’est qu’on était un groupe avec des professions et des formations différentes. On apportait tous des choses différentes. Mais on sentait qu’on allait vers le même but.

Ensuite, on a été invitées à former un groupe d’habitants, avec des personnes-ressources qui pourraient être des relais au sein de leurs communautés et leurs quartiers. Ce n’était pas évident à mettre en place, ces groupes. On a quand même réussi à le faire. Avec deux autres membres du groupe, on s’est associées car on se sentait seules et en difficulté pour se lancer dans l’aventure. A trois, on a pu former un groupe qui était composé de personnes âgées, de femmes et d'un seul homme, et de femmes du quartier. On a commencé des ateliers avec ces personnes. On a dû prendre du temps pour expliquer la démarche communautaire ; qu’on allait réfléchir ensemble, se soutenir, s’appuyer sur le collectif. Au départ, ils avaient des attentes matérielles et très personnelles.

Il a fallu du temps pour qu’ils comprennent la logique communautaire. On a commencé avec des ateliers à thème, avec des outils (grille avec des repères méthodologiques) et l’accompagnement de l’équipe du Méridien. En 2000, une des trois animatrices a dû quitter notre groupe. On a demandé de l’aide à un membre de l’équipe communautaire du Méridien. Comme il était psychologue, il a fallu préciser son rôle qui était différent d’un thérapeute. Le fait de préparer ensemble les ateliers a été une force pour moi et ma collègue. Les ateliers prenaient forme, avec des outils différents. Les femmes s’y sentaient bien. Et moi, comme animatrice, je m’y suis sentie à l’aise dans mon rôle. J’ai senti une appartenance forte des femmes à ce groupe ; on sent que ça leur donne de la force, des audaces qu’elles n’auraient pas eues sans cela.

Aujourd’hui, le groupe continue à se réunir mensuellement. Il s’ouvre au début de chaque année (septembre et octobre) pour intégrer de nouvelles personnes, puis se referme pour préserver la confiance et la confidentialité. Ca nous semble essentiel de maintenir cet espace de confiance pour les femmes pour qu’elles continuent à oser prendre la parole.

(Zohra Otmani) Le Foyer Poste : rue de la poste, 49 - 1210 Bruxelles


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Anne Robert

Je travaille à Alizés qui est une initiative de Parentalité – Addiction (Intersticess CHU  St. Pierre) qui soutient les personnes toxicomanes dans leur statut de parent.

Un des objectifs d’Alizés est que l’identité de parent prenne d’avantage  de place que l’identité de toxicomane, chez les parents usagers de drogues.
Aussi, Alizés est un espace ouvert à tous les parents, futurs parents, usagers de drogues ou non et à leurs enfants.
Notre équipe offre un espace de paroles où les échanges tournent autour d’une préoccupation commune : l’éducation des enfants.
C’est l’occasion pour chacun de repérer ses propres compétences ou d’en acquérir de nouvelles grâce aux échanges.  

Les personnes qui fréquentent Alizés ont bien souvent le désir d’avoir plus de maîtrise de leur vie.
Elles interpellent les professionnels pour trouver des solutions et se sentir soutenues.

J’ai rejoint le collectif  PSMC pour participer à une réflexion commune sur le travail communautaire, ressource utile pour mobiliser les forces vives de chacun

J’y trouve des collègues qui réfléchissent avec moi aux axes de travail possibles pour les travailleurs confrontés à la désespérance.
Le travail communautaire est en tous cas une piste qui ouvre un chemin pour lutter contre la fatalité. 

(Anne Robert) Projet Alizées, rue Haute, 345 - 1000 Bruxelles


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Paulina Romero

Depuis 1995, je travaille au sein de l’équipe communautaire du service de santé mentale le Méridien à St Josse où je suis assistante sociale.

J’y effectue un travail de sensibilisation, de formation et de soutien à la démarche des réseaux d’échanges de savoirs auprès de toute personne, groupe, association. Projet sensible à la notion d’accès aux savoirs pour tous, au repérage, à la circulation et à la transmission de ceux-ci.

Je travaille par ailleurs au centre de Consultations Conjugales et de Planning Familial du Karreveld à Molenbeek (situé au nord-ouest de Bruxelles) au sein d’une équipe pluridisciplinaire proposant un accueil, des consultations médicales, psychologiques, sociales, juridiques, de conseil conjugal , de médiation familiale et des animations en vie affective, sexuelle et relationnelle.

Participer au collectif santé mentale communautaire m’a permis de créer des ponts entre mes deux lieux de terrain en mettant à l’épreuve des perceptions, des ressentis, des doutes et des tentatives d’actions. En 2003-2004, ma collègue Anne Robert (Sexologue) et moi-même, nous avons souhaité pouvoir lancer un projet plus « collectif » au sein du Planning Familial du Karreveld. Par notre terrain, nous rencontrions un certain nombre de femmes parfois en souffrance et énonçant le peu de liens extérieurs en dehors de leur cercle familial.

Que pouvions-nous proposer comme démarche plus collective ? Comment s’y prendre ? Groupe d’échanges en santé mentale communautaire ou groupes de paroles ? Co-animer un groupe (un défi !!). Nous avons essayer de mieux cerner nos questionnements en faisant appel aux collègues du Méridien Nathalie Thomas et Namur Corral et en demandant au COLLECTIF la possibilité de faire partie du groupe.

Cet espace d’échanges m’a permis de déposer mes doutes, piocher des éléments plus théoriques, de mieux palper ce que représente la notion de santé mentale communautaire et dès lors pouvoir co-construire des savoirs au sein du collectif . J’ai pu percevoir des références communes qui me portent dans mon travail (partir des ressources et savoirs des personnes), la santé mentale étant l’affaire de tous.

Dans le cadre de nos rencontres mensuelles avec les femmes au Planning Familial, des thèmes tel que « prendre soin de soi », la communication dans la famille ; les enfants et les limites, la problématique du logement ont été abordés. En s’ouvrant à une vision plus large de la santé mentale, en parlant d’un mieux-être pour soi, ses proches, dans son quartier, nous avons tenté d’en ressortir plus fortes grâce aux échanges, aux expériences singulières et à la dynamique de solidarité qui se créent au sein du groupe.

Ma participation au COLLECTIF m’a permis de trouver un espace commun de recherche avec les tâtonnements, les essais- erreurs qui permettent d’avancer ensemble et d’essayer des actions nouvelles. Tout en sachant que des moments de découragement peuvent nous envahir, ces échanges au sein du collectif participent à notre engagement pour renforcer les solidarités au sein des quartiers.

(Paulina Romero) Planning familial du Karreveld : rue Jules Delhaize, 20 - 1080 Bruxelles


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Sosthène Rukundo

Depuis 2000, je collabore avec le service de Santé mentale Communautaire du Méridien. Cette collaboration s’inscrit dans les activités du Mouvement Convivial.

A Convivial, je suis responsable de l’accompagnement collectif et mes activités cadrent bien dans une optique de Santé mentale communautaire. C’est ainsi que je suis resté fidèle au groupe PSMC.

Voyons un peu l’historique : Ce fut d’abord un groupe de travailleurs sociaux de Convivial qui en 2000 participa à une formation avec le Méridien. Ensuite, une personne du Méridien (Nathalie) co-anima avec quelqu’un de Convivial (Sosthène) un groupe de parents d’adolescents. Ce groupe était multiculturel et comprenait des réfugiés et des non réfugiés. Par la suite, Namur a co-animé également avec Sosthène un groupe de primo arrivants. Enfin, comme cité plus haut, je suis resté fidèle au groupe PSMC et participe aux différents ateliers sauf en cas d’empêchement.

Mais qu’est-ce qu’est Convivial ?

Le Mouvement Convivial = un ensemble de 3 asbl : Convivium asbl/vzw (bicommunautaire), Convivialités asbl (francophone) et Together vzw (néerlandophone). Depuis sa création en 1996, la mission de Convivial est de favoriser l’insertion des Réfugiés ONU et Demandeurs d’asile autorisés à séjourner en Belgique : Dans sa manière d’accompagner ces derniers, Convivial cherche avant tout à nouer des relations basées sur la réciprocité, stimulant des liens de solidarité entre Réfugiés de toutes origines, d’une part, et entre eux et des Autochtones, d’autre part, et responsabilisant les uns et les autres. Afin de réaliser ses objectifs, Convivial a lancé, souvent avec les réfugiés, plusieurs services :

Le service d’accompagnement collectif

Le service d’accompagnement collectif de Convivial, suite logique et complément de l’accompagnement individuel, vise à créer du lien entre les Réfugiés et entre ces derniers et des Autochtones, à les initier à la vie en Belgique et à accompagner leur insertion dans leur nouvel environnement en favorisant leur participation active et en valorisant leurs compétences et qualités. L’accompagnement collectif crée une atmosphère conviviale dans laquelle le Réfugié, souvent devenu méfiant suite à un ou divers traumatismes, reprend confiance en lui, retrouve des attaches, un sentiment d’appartenance à une communauté humaine et une possibilité d’épanouissement.

Nous collaborons également avec le Méridien dans l’accompagnement individuel

Au niveau de l’Accompagnement psychosocial individuel, dans le cadre de la collaboration entre le Méridien et Convivial, l’équipe communautaire du Méridien (Nathalie et Namur) anime des ateliers de supervision pour les travailleurs sociaux de Convivial qui s’occupent de l’écoute et accompagnement psychosocial individuel.

( Sosthène Rukundo) Convivial : rue du Charroi, 33-35 - 1190 Forest


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Histoire du collectif

Le parcours du Collectif a démarré en 1994 par un diagnostic communautaire réalisé dans deux quartiers de la capitale (Cureghem et Saint-Josse). Celui-ci visait à étudier les représentations de la population par rapport à la santé mentale, ainsi que les réseaux d’entraide et d’aide professionnelle existant dans ces quartiers.

Suite à ce diagnostic, et avec l’aide d’un « groupe de pilotage » composé de professionnels et d’habitants, un projet de formation-sensibilisation en santé mentale communautaire a été mis sur pied. Il s’adressait principalement à des intervenants sociaux travaillant dans des quartiers populaires de la capitale (infirmières, assistants sociaux, médiateurs scolaires, psychologues, éducateurs de rue, etc.).

En 1997, un premier cycle de formation réunit une quinzaine d’intervenants intéressés par le projet. Il s’agissait, dans un premier temps, de mettre à l’épreuve, de tester nos propositions méthodologiques basées sur les principes de l’éducation populaire venant d’Amérique latine et de les adapter dans le champ de la santé mentale. Dans un second temps, chaque intervenant était invité à créer au sein de son association, un groupe d’habitants avec lequel il pouvait mettre à profit les enseignements appris dans la formation en santé mentale communautaire. Très vite, le processus de formation s’est transformé en un processus de construction collective de projet, chacun devenant partenaire de ce travail en commun. Dans les années qui ont suivi, d’autres cycles de formation-sensibilisation seront organisés et toucheront au total une cinquantaine d’intervenants.


Après des débuts hasardeux, le Collectif a atteint son rythme de croisière dans les années 2000-2001 avec une conceptualisation progressive d’une méthode de travail en groupe au sein d’ateliers de développement personnel et communautaire. Cette méthodologie est développée dans la rubrique « ressources – outils » du site. Nous avons également participé à diverses rencontres internationales dans lesquelles nous avons pu présenter notre démarche et y trouver une certaine reconnaissance du travail effectué et des principes communautaires mis en pratique dans nos interventions.

Auto-gestion, coopération et habitat poétique

Progressivement aussi, le fonctionnement du groupe s’est modifié. Essentiellement porté et piloté par le Méridien à ses débuts, celui-ci fonctionne aujourd’hui en mode auto-gestionnaire : des rencontres mensuelles sont organisées sous forme d’intervisions, autour d’une question liée au travail d’animation en santé mentale communautaire. Ces questions sont amenées à tour de rôle par un des membres du collectif, qui reçoit pour l’occasion le groupe au sein de son association ou de son institution.


Aujourd’hui, les membres du Collectif animent ou co-animent des groupes d’habitants répartis dans toute la ville de Bruxelles (voir la carte qui présente ces différents groupes, dans la rubrique « le collectif, localisation des différents projets du Collectif »). Nous parlons de « groupes d’habitants » pour nommer les participants aux ateliers de santé mentale communautaire. Il s’agit de nommer par là un rapport au monde différent, en essayant d’éviter des « mots-étiquettes » susceptibles d’enfermer les personnes ( « usagers », « clients »,  « bénéficiaires », ou encore  « publics-cible »). Habiter un lieu, une ville, un quartier mais aussi une langue, une famille, une identité, … c’est quelque chose qui peut être à la fois éminemment intime et subjectif mais aussi partageable en commun. L’habitant devient alors « celui-là qui habite à sa façon singulière les choses, consciemment ou inconsciemment, dans son rapport poétique aux choses, au monde, aux autres, à lui-même ».

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